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2014-05-01T09:00:52+02:00

Quand les terminales relâchent, les Prépas planchent

Publié par Sophie
Quand les terminales relâchent, les Prépas planchent
  • Après les vacances de Pâques,

la reprise des cours marque pour certains élèves de Terminale la fin d’un marathon de tests et concours en tous genres : TOEFL, TOEIC, SESAM, ACCESS, LINK, AVENIR… la tension a été intense pour ceux qui tentent d’échapper à l’incertain APB, multiplier les back-up, ou satisfaire aux exigences des « Oui mais » des universités étrangères.

D’autres ont engraissé les caisses des instituts de stages intensifs de vacances, et/ou se sont fait des plannings de révision studieux qu’ils ont suivis à la lettre.

Les derniers ont, eux, considéré qu’il était encore laaaargement le temps de songer à se mettre au travail, ne comptant sur les vacances que pour se remettre des éprouvants Bacs Blancs ou oraux de langues qu’ils ont mollement travaillés… poursuivis par des mères qui, elles, bien que conscientes qu’il est déraisonnable d’envisager les moindres vacances à cette période charnière de l’année, ont sacrifié à leurs progénitures une semaine de congés payés, histoire de les avoir un peu à l’œil. Alors que sa mère se raccrochait à l’illusion dérisoire qu’elle parviendrait à l’enchainer à son bureau, Hector, naviguant en eaux troubles mais convaincu d’atteindre au final tranquillement la ligne d’horizon, glissait tel une savonnette entre des mains qui pourtant croyaient pouvoir être ferme. Le pauvre hère, subissant contre son gré le supplice du travail de l’année à rattraper avant de passer au vrai travail à faire, se faisait surprendre en flagrant délit de tentative de diversion sur son téléphone, puis sur l’ordinateur portable, puis sur l’Ipad familial… Tandis que Julo rentrait éreinté à 20h du travail, geignant des emmerdes à répétition rencontrés dans la journée et se fendait d’un pas très convaincu « alors fiston, bien bossé aujourd’hui ? », la mère, nerfs à fleur de peau comptait les jours qui la séparaient du moment béni où elle pourrait reprendre une vie normale.

Le train-train quotidien vient donc de reprendre pour nos chers lycéens… dans un soupir de soulagement général.

  • Quant aux élèves de Prépa, ils soumettent à l’ultime épreuve de résistance nerveuse et physique le fruit de 2 ans de travail et d’enfermement monacal (enfin pour la plupart).

Alors que les plus chanceux d’entre eux sont envoyés dans les Lycées proches de leurs domiciles, les autres se voient affectés dans des centres d’examens de la région...

Tandis q’Ulysse implante son décor éphémère dans la chambre exigüe d’un hôtel F1 de Saint-Vivant-des Douves, des flots d’élèves de Ginette se déversent à l’accueil, arborant tous avec arrogance un sweet rouge siglé du nom de leur prestigieux établissement. Alors que Le Fils et La Mère effectuent un parcours de repérage de l’Hôtel vers le Lycée Augustin-les-Grelots, ils croisent les bancs d’étudiants de Ginette quadrillant le quartier par groupes et déambulant en terrain conquis pour entamer un travail de sape du moral de l’ennemi.

Réalisant les périls auxquels s’expose son oisillon exfiltré du nid, La Mère envisage de ne pas s’éloigner et élabore dans sa tête la liste de ses attributions en milieu hostile :

  1. Encaisser avec sourire et philosophie les excès de mauvaise humeur
  2. Eviter à tout prix la question : « alors, bien passé… ? »… ça lui échappera au début, mais la réponse tranchante du Fils la persuadera de ne plus recommencer
  3. Vérifier qu’il dîne bien et équilibré le soir, avec sucres lents (pates au blé complet de préférence), et protéines pas trop grasses
  4. Lui rappeler vers minuit avec tact et douceur qu’il serait bien d’éteindre la lumière, ranger le téléphone, la guitare, l’ipod, enlever le casque de ses oreilles…
  5. Guetter fébrilement un petit « caugh-caugh » derrière la porte indiquant qu’en cette période de pollens, l’allergie guette, s’apprêter à dégainer le petit cachet d’Aérius et esquiver par la même occasion un « mais ça va, laisse-moi tranquille » d’agacement, garder le sourire, il n’est que 1h du matin…
  6. Lui rappeler que « tout ça c’est pour son bien » parce que après tout, « nous sommes sa mère »
  7. Mettre son réveil vers 6h du matin
  8. Aller vérifier que le petit déjeuner de l’Hôtel est satisfaisant, équilibré, que le jus d’orange est bien fraichement pressé du matin (un hôtel F1, on peut exiger non ?!), s’apercevoir suffisamment tôt que le manque de qualité du petit déjeuner proposé par l’hôtel risque de ne pas permettre au cher ange de dégager le meilleur de ses capacités neuronales, aller tambouriner à la boulangerie du quartier pour qu’ils se dépêchent de sortir du four les pains au chocolat, faire pareil chez le fruitier en leur signalant que leur presse orange industriel n’est pas fait pour servir au coucher… « au boulot, pressez messieurs »
  9. Revenir avec cocktail d’agrumes pressés, pain frais, pains au chocolat, yaourts bio, thé « Journée Prolixe » de chez Mariage O’Brother
  10. 6h30 : Gratter délicatement à sa porte… «debout mon ange»
  11. 6h45 : Taper légèrement moins délicatement : « knock, knock, allez, debout »
  12. 7h : cogner agacée : « baoum, baoum, debout, enfin ! »
  13. 7h15 : tambouriner… ouf le bruit de la douche
  14. 7h30 : lui courir après dans la rue, plateau à la main… « mais enfin, c’est pas raisonnable de partir sans rien dans le ventre, bois au moins ton jus, met un croissant dans ta poche… »… « et prend ton écharpe… tu touuuuuuuussssses

De retour à l’hôtel, Le Fils impatient, raccompagne excédé La Mère vers la sortie. Il voit venir à lui un groupe de 3 jeunes tout sourire, en tenue de sport transpirante, baskets aux pieds et raquette de tennis à la main.
- « Ah salut Ulysse, t’es là aussi, c’est cool ! »
- « Salut les gars, ben vous êtes décontract’ vous au moins… »
- « Ouaich, tranquilles, on dîne ensemble ce soir ? »

La mère alors prend congé sur la pointe des pieds, abandonnant son fils au destin et à ses responsabilités, laissant trainer derrière elle comme un léger parfum, discrètes effluves d’encouragements et d’amour infini…

PS: Certain(e)s d'entre nous signent cette année pour la double peine... Caroline, hauts les cœurs!!

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commentaires

Caroline 08/05/2014 18:28

hi hi! ! J'aurais eu tort de rater ce bon moment de lecture! Quelques nuances tout de même : chez nous, même pas en rêve on aurait dormi à l'hôtel avec lui. déjà lui demander ce qu'il a mangé c'est trop ! Quant à Michel, ses vieux souvenirs de s'être débrouillé seul lui font dire qu'on les dorlote beaucoup trop ces grands dadais....je me demande s'il n'a pas un peu raison!

Marion 03/05/2014 23:06

D'amour infini?!?! Vous croyez??? Alors c' est donc ça? Ma mère m'aime infinimentttttt

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